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Compréhension

L’empathie est un leurre

bateau zenDifficile de commencer un titre ainsi, n’est-ce pas ? Il est temps selon moi de s’attaquer à un mythe. Quand vous regardez un journaliste qui interroge un député, il lui demande souvent de se mettre à la place de … 

L’empathie est prônée par de nombreux spécialistes de l’aide et de la communication. Pourtant, dans le même temps, ces mêmes professionnels de la communication invitent souvent à trouver la bonne distance, à ne pas trop s’impliquer, à ne pas mettre d’affectivité.

Ceci nous donne un ensemble d’informations ambiguës car contradictoires: « Se mettre à la place de l’autre génère forcément de l’affectivité ! Garder ses distances conduit forcément à ne pas comprendre l’autre. »

Cela produit des discours maladroits où l’on entend qu’il faut comprendre, écouter, humaniser (car on sent bien qu’il est urgent de progresser sur ce point) mais en même temps qu’il faut ne pas trop s’investir et garder ses distances (car il faut aussi prendre soin de soi, éviter le stress, l’attachement)

Tout cela est un peu vrai.. Et aussi, en même temps, très faux. Il s’agit de concepts mal précisés. Même de nombreux professionnels s’y embrouillent. Ils en ont certainement l’intuition mais cela reste confus et les ballotte dans une oscillation entre trop et trop peu » Indique un spécialiste

Pour vraiment comprendre l’autre

L’illusion du miroir

Écouter l’autre pour se mettre à sa place (tout en restant soi-même) est un leurre. Se mettre à la place de l’autre, ne peut permettre de le comprendre.

Cela fait penser à Narcisse qui, voyant son image se refléter dans la fontaine, croit voir une autre personne et en tombe amoureux. Puis, dans sa stupéfaction il en oublie même de boire et meurt de soif devant sa fontaine. Il fut alors transformé en la fleur « Narcisse » dont l’étymologie nous ramène au grec narké qui a donné narcose. La fleur était reconnue comme pouvant endormir même les divinités (Dictionnaire Larousse de la mythologie grecque et romaine de Joël Schmidt)

Celui qui s’adonne à l’empathie ne fait que du narcissisme relationnel. Croyant accéder à une compréhension de l’autre, il ne voit que lui-même… et encore! Il ne voit qu’une image erronée de lui-même. En effet, si plus tard il vit une situation équivalente à celle de son interlocuteur d’aujourd’hui, il vivra une expérience très différente de ce qu’il avait imaginé.

Plutôt s’ouvrir sans se mettre à la placeHuman head silhouette with focus on the brain

Se mettre à la place de l’autre est un « jeu » compliqué et dangereux. L’autre s’y sent incompris (ça peut même le rendre agressif… ou déprimé!). Quant à nous, nous croyons l’avoir compris et nous ne saisissons que de l’illusion… ce qui en découlera sera donc inadapté. En plus nous nous chargeons d’un poids qui ne nous appartient pas en tentant de « ressentir » ce que vit l’autre.

Nous pouvons faire beaucoup mieux en nous ouvrant simplement à notre interlocuteur.

Plutôt que de nous mettre à sa place, nous pouvons mettre du soin à l’entendre exprimer ce qu’il ressent, pense, ou vit à la place où il est. En laissant notre imaginaire et nos hypothèses de côté, nous pourrons mieux le comprendre. (Thierry TOURNEBISE)

Que dit : « Confucius » : Etre capable de méditer ses faiblesses pour s’efforcer courageusement de les corriger, tel est le courage véritable que recommandent Confucius et ses émules. Mettre son oreille à l’unisson, c’est entrer en résonance avec le monde et tous les humains qui le peuplent: c’est la compréhension et la tolérance parfaite.

Comprendre est un art, il implique une neutralité et une écoute sans jugement. En cela, engage  deux phases d’approche. Posez-vous cette simple question : « Êtes-vous en phase avec vous-même ? » Si « oui » gardez cette attitude de neutralité et essayer après une reformulation, de répondre en soumettant minimum deux approches afin de laisser la personne maître de son choix. Si « non » il ne faut pas hésiter à le dire et reporter l’échange.

Si vous souhaitez me rencontrer pour échanger sur ce domaine, n’hésitez pas.